23.09.2016

Un quart des étudiants et jeunes médecins en état de « souffrance »

Etudiants et jeunes médecins en état de souffrance

© Crédits : Thinkstock

Une enquête du Conseil national de l’Ordre des médecins sur la santé des étudiants et jeunes médecins démontre que la souffrance des jeunes médecins est réelle.

D’après le Cnom, cette enquête est inédite, « tant par son sujet que par son ampleur participative ». Près de 8 000 étudiants et jeunes médecins y ont répondu. Peut-être parce que le sujet était de nature à lever un tabou : « admettre que le médecin pouvait être à son tour en détresse morale et physique ». Alors que plusieurs suicides de jeunes médecins en cours de professionnalisation ont été médiatisés ces derniers mois, cette enquête montre qu’au-delà de ces cas médiatiques, un quart des jeunes médecins en formation se déclarent en état de santé moyen ou mauvais. Cette « souffrance […] est réelle, atteignant son paroxysme tôt dans la formation initiale (plus de 30 % des étudiants en 2nd cycle) », souligne le Cnom. Témoins de ce mauvais état de santé et plus encore d’idées suicidaires : la prise médicamenteuse de psychotropes et les arrêts de travail. Au nombre des facteurs de risque : le temps de travail, l’exposition à des situations stressantes et l’isolement social.

L’absence de la médecine du travail et universitaire pointée du doigt

Face à cela, plusieurs répondants pointent du doigt, dans les réflexions libres publiées à la fin de l’enquête, l’absence de la médecine du travail et de la médecine universitaire. D’après l’enquête, seul un tiers des étudiants ou jeunes médecins a rencontré l’une ou l’autre au cours des deux années précédentes. Plus l’étudiant avance dans le cursus et moins il semble susceptible de croiser un tel service. Le Cnom en conclut qu’il semble nécessaire « d’assurer une surveillance régulière, annuelle, spécifique à la médecine de prévention et à ces effectifs » et « d’élaborer des recommandations de bonne pratiques d’accompagnement et de suivi vis-à-vis de nos futurs confrères et futures consœurs ».

Pour en savoir plus :
Enquête sur la santé des étudiants et jeunes médecins

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