26.12.2016

La médecine « personnalisée » est-elle la médecine du futur ?

Médecine personnalisée

© Crédits : Thinkstock

Plusieurs gouvernements orientent désormais résolument leur politique de santé sur le terrain de la médecine « personnalisée ». Zoom sur cette médecine du futur déjà objet de débats.

En France, on peut considérer que, parmi d’autres, les différents Plan cancer relèvent d’une telle médecine.

Médecine personnalisée : définition

La médecine personnalisée se définit comme l’adaptation d’un traitement médical… « en fonction des caractéristiques individuelles d’un patient… Elle se traduit par la capacité de classer les individus en sous-populations caractérisées par la prédisposition à certaines maladies ou par la réponse à un traitement particulier… Les mesures préventives ou thérapeutiques sont donc prescrites aux patients qui en bénéficieront tout en évitant d’imposer des effets secondaires aux individus qui n’en tireront pas partie… »

Les attributs généralement associés à la médecine personnalisée sont les « 4 P » :

-        Préventive par l’action en amont sur les facteurs favorisant le risque ;

-        Prédictive  par le dépistage précoce ;

-        Personnalisée par la dispensation du bon médicament, au bon moment à la bonne personne ;

-        Participative enfin, le patient devenant acteur de sa santé.

L’identité moléculaire au cœur de la médecine personnalisée

La médecine personnalisée ne place pas la personne humaine, sujet de droit conscient d’exister, au centre de ses activités mais l’identité moléculaire. La personnalisation se situe donc au niveau de la démarche diagnostique et des thérapies à suivre… « sur la base d’un profil génétique ou protéomique… ». Il s’agit là d’un terrain différent, éloigné du soin prodigué quotidiennement à la patientèle, mariage de science et d’humanisme.

D’ailleurs, pour le président du Comité consultatif national d’éthique c’est de médecine de précision dont on devrait parler et non de médecine personnalisée, faux amis qui… « prétend s’adresser à la personne à travers le biologique, au risque de réduire l’une à l’autre. »

Une médecine du futur sujette aux débats

Pour autant, quelle que soit la façon de la nommer, cette médecine du futur, tellement incontournable et nécessaire aura de profonds effets, très au-delà du seul domaine scientifique. À titre d’exemple, la responsabilisation du patient comme acteur de sa santé (l’un des 4P évoqués plus haut) ouvre voie aux prémices d’un désengagement possible de la société à son égard dès lors qu’il enfreindrait les règles de prévention ou de gestion de la maladie. Le débat affleure déjà, ici ou là.

Loin de tout emballement médiatique, c’est par une approche raisonnée menée par toutes les parties concernées, médecins, juristes, philosophes, éthiciens et, bien entendu, patients que doivent se définir les contours et les limites de la médecine personnalisée. 

Pour aller plus loin :

 

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