02.07.2015

La médecine libérale au cœur du débat

© Crédits : Thinkstock

Quel avenir pour la médecine libérale ? La question est plus que jamais urgente, le débat se fait âpre. Et certaines interventions n’aident pas à dépassionner les positions…

On dresse de la médecine libérale un tableau pour le moins anxiogène. Et pourtant, dans le même temps, des mesures sont mises en place afin d’attirer les futurs et jeunes praticiens vers la médecine libérale dans des régions où l’offre de soins est déficiente. « Contrat d’engagement de service public » pour les étudiants et les internes, « contrat de praticien territorial de médecine générale », collaboration libérale, efforts d’aide à l’installation consentis par de nombreuses collectivités : tous ces moyens ne mettront pas fin aux déserts médicaux, mais ils n’en constituent pas moins un début de réponse intelligible et souvent pertinent.  

Un authentique enjeu de santé publique

Faire face aux déserts médicaux est un enjeu de santé publique : il s’agit d’abord de protéger les patients les plus fragiles, nombre d’entre eux se trouvant justement dans ces déserts médicaux. Dans ce contexte, certaines paroles ne sont pas sans conséquences. Témoin, au sujet de la mise en place du tiers payant, les propos de cette influente économiste de la santé, le 18 avril dernier sur France Culture. Brigitte Dormont, en l’occurrence, déclarait que « c’est d’une certaine manière la mort annoncée du système libéral, ce qui est une bonne chose car la médecine libérale est complètement incompatible avec un système d’assurance maladie comme le nôtre. »

Ne pas attiser les divergences

Chacun est en droit d’approuver ou pas de tels propos. Reste qu’ils portent atteinte aux efforts entrepris de tous côtés pour susciter l’envie, chez les jeunes praticiens, d’une pratique libérale durable, proche de la patientèle. Car en plein débat sur l’actuel projet de loi de santé, dans un climat déjà houleux, certains soupçonnent les pouvoirs publics de nourrir des arrière-pensées d’étatisation de la médecine. Or il y a manifestement matière, dans cette intervention radiophonique, à attiser les braises et à décourager les bonnes volontés… 

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