28.12.2016

Brève histoire de l’hôpital

Brève histoire de l'hôpital

© Crédits : Thinkstock

En France l’hôpital se distingue aujourd’hui, malgré les difficultés, par son haut niveau de performance dans la lutte contre la maladie. Mais que de chemin pour en arriver là !

Soumis à de fortes contraintes de gestion, l’hôpital n’en est pas pour autant une entreprise comme les autres car on y souffre, on y guérit et on y meurt.  On fait régulièrement état des difficultés auxquelles sont confrontés les personnels qui y exercent : le malaise des « blouses blanches » confrontées à une dégradation de leurs conditions de travail et inquiètes quant à leur avenir professionnel. 

Retour sur l’évolution de l’hôpital au cours de l’histoire

Bien avant le Moyen-Âge et jusqu’aux années 50, l’hôpital peut se définir par la magnifique formule du philosophe Michel Foucault comme « le grand renfermement des pauvres ». Placé sous l’autorité des congrégations religieuses, « l’hospice » a alors vocation à recueillir et abriter les pauvres, les pèlerins, les étrangers, les ennemis également afin de leur prodiguer soins et mieux-être. Il est vrai qu’en ces temps anciens, le pauvre est « glorieux » car chéri de Dieu. Une place l’attend au paradis.

À partir du XVIe siècle, sous François 1er, l’État s’immisce de plus en plus dans la gestion de l’hôpital (qu’il finira d’ailleurs par nationaliser en 1794).

Au XVIIIe siècle le statut évolue et le pauvre est regardé différemment. Un Édit royal de 1756 crée « l’hôpital général », toujours un grand renfermement mais qui prend néanmoins des allures de prison à ciel ouvert dans l’enceinte de laquelle le pauvre se trouve confiné.

Plus tard encore, l’hôpital s’humanise à nouveau. À titre d’exemple, citons l’action du grand aliéniste Philippe Pinel (1745 – 1826) dont les idées et les actions permettront au patient psychiatrique de s’extraire de l’état indigne dans lequel il se trouvait.

L’hôpital moderne : un patrimoine commun à préserver

L’hôpital moderne naît enfin d’ordonnances rendues en décembre 1958, textes qui préparent le terrain à une très grande loi, celle du 31 décembre 1970, portant réforme hospitalière. Une loi qui, par la vision dont elle est porteuse, fait honneur au législateur de l’époque.

C’est de ces temps en effet pas si anciens, que datent la consécration du secteur public hospitalier, l’instauration du lien vital entre soins, enseignement et recherche comme celle du statut de praticien plein temps hospitalier. C’est en ces temps aussi qu’apparaissent les prémices de ce que l’on qualifie désormais si justement de « droits des malades ».

L’hôpital aujourd’hui est perçu comme une machine complexe et lourde, une sorte d’énorme paquebot. Il est aussi et surtout un patrimoine commun dont il convient de prendre le plus grand soin.

Au législateur, en toutes circonstances et quelle que soit sa couleur du moment d’y veiller attentivement.

 

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