28.09.2016

Suspicion de mésusage : les bonnes pratiques à adopter

Suspicion de mésusage

© Crédits : Thinkstock

Un patient réclame un produit à risque de mésusage ou apporte à l’officine une ordonnance apparemment falsifiée. Que faire ? Qui prévenir ? Et quels risques encourez-vous en cas de défaut de vigilance ?

Face à une suspicion de mésusage, la première étape est de dialoguer avec le patient. « Il faut avoir un entretien confidentiel, mais, attention, pas d’héroïsme qui vaille : il est inutile de se mettre en danger », alerte Marcelline Grillon, de l’Ordre national des pharmaciens. Si les soupçons pèsent sur une ordonnance, un appel au médecin prescripteur peut clarifier la situation. Si la fraude est sans équivoque, il faut refuser la dispensation, en notant sur l’ordonnance le motif du refus. Attention, les ordonnances sécurisées ne sont pas épargnées par la fraude : elles représentent 18,5 % des ordonnances suspectes et 4,1 % des ordonnances falsifiées*. « Il faut être vigilants, toujours vérifier les ordonnances et être suspicieux à l’égard des patients que l’on ne connaît pas, qui ne présentent pas leur carte Vitale et payent de leur poche », poursuit Marceline Grillon.

Lutte contre le mésusage : connaître les substances à risque

De nouvelles substances à risque de mésusage viennent régulièrement s’ajouter à la liste des spécialités connues. Pour les connaître, abonnez-vous aux alertes de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et consultez son site.  Soyez attentifs aux informations que font remonter les conseils régionaux ou les ARS.

À l’officine, la vigilance est de mise, y compris pour les médicaments sans ordonnance. Ceux-ci peuvent tout aussi bien être détournés pour un usage récréatif. Rappelez-vous, ce fut le cas de Nausicalm® et Mercalm®, avant leur retrait en mars dernier des spécialités en accès libre . Méfiance donc, en particulier si la demande de médicaments à risque en accès libre émane d’un adolescent. Si aucun texte n’interdit la dispensation de médicaments sans ordonnance à un mineur, il pourra être de votre devoir d’opposer un refus, ou de chercher à joindre les parents…

La pharmacovigilance : un devoir

En cas de vol d’ordonnancier ou de tampon, de mésusage avéré ou d’abus de substances psychoactives, médecins et pharmaciens doivent effectuer un signalement par le biais du conseil de l’Ordre, des Agences régionales de santé (ARS) ou des CEIP (centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance). Ces derniers sont notamment en charge d’alimenter le dispositif Osiap (ordonnances suspectes, indicateurs d’abus possible).

En prescrivant ou dispensant un médicament, médecins et pharmaciens engagent leur responsabilité. Si vous êtes pris en défaut de vigilance, vous pouvez être sanctionné sur le plan disciplinaire, avec des interdictions d’exercer, mais aussi sur le plan pénal.

*Enquête Osiap 2012, citée par le Cnop dans le cahier thématique sur la lutte contre le mésusage du médicament 

Pour en savoir plus : 
Le site de l'association française des centres d'addictovigilance.
Le site de Pharma Vigilance.
Les cahiers de l'Ordre national des pharmaciens: la lutte contre le mésusage des médicaments: à télécharger ici.

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