23.11.2016

Les praticiens libéraux inquiets pour leur avenir

Inquiétude des praticiens libéraux pour leur avenir

© Crédits : Thinkstock

Les résultats d’une enquête menée auprès de 700 praticiens libéraux de santé démontrent un découragement général malgré une bonne image préservée auprès des patients.

Entre le 31 août et le 19 septembre 2016, l’Institut harris interactive a réalisé une enquête à partir d’un fichier fourni par le CNPS. 94 % des sondés se disent très ou assez inquiets en ce qui concerne l’avenir de l’organisation des soins en France et 85 % d’entre eux affichent un même pessimisme quant à l’avenir de leur activité libérale.

Des praticiens libéraux inquiets et pessimistes

Face à la mise en place du DPC, au développement de l’e-santé, à la création des URPS et des ARS, à l’instauration du tiers payant généralisé et à la loi de modernisation de notre système de santé, les praticiens libéraux sont désabusés.

Le fossé se creuse entre le monde libéral de santé et les pouvoirs publics :  trop de réformes sont perçues comme étant imposées sans réelle concertation, d’autres sont qualifiées d’attentatoires à l’essence même de l’exercice libéral.

En outre, le discours sur l’alourdissement des contraintes administratives dévoreuses d’un temps et d’une énergie qui seraient mieux employés auprès des patients, est largement partagé par les soignants « sur le terrain »,

Les temps sont  donc au contrôle et à la norme. Rien de choquant a priori dès lors que ce contrôle et cette norme s’inscrivent dans une optique de sécurité pour les malades, de coûts maîtrisés pour la collectivité, de proximité en matière de délivrance de soins, de liberté d’action pour les soignants. Visiblement, ces derniers considèrent que le compte n’y est pas.

Praticiens libéraux et patients : un lien de qualité maintenu

Les libéraux de santé conservent néanmoins de nombreux atouts, à commencer par leur bonne image auprès de la population. Ils sont notamment considérés comme qualifiés, compétents, responsables, honnêtes, travaillant beaucoup mais trop peu nombreux donc peu aisément accessibles et joignables.

La permanence de ce lien privilégié avec la population constitue une force pour ces praticiens. Ils doivent en tirer profit en termes de reconnaissance et de légitimité vis-à-vis de leurs interlocuteurs au sein des ministères et ailleurs.

Avant d’être économique et au-delà des seuls libéraux, le mal-être des professionnels de santé reste avant tout existentiel. Partant du postulat que la patientèle et la société en général ont besoin d’avoir face à elles des soignants « heureux », des soignants dont chacun est apte à mesurer l’apport capital en termes de santé publique, on mesure l’urgence de la tâche à accomplir afin de réduire ce mal-être.

Pour en savoir plus :
Les professionnels libéraux de santé, les Français et l’avenir du système de santé – Institut harris interactive. Présentation du 7 octobre 2016 

 

 

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