02.11.2015

Démographie des ophtalmologues : les pistes du rapport Voynet

© CULTURA/IMAGE SOURCE / BSIP

Un récent rapport rédigé par Dominique Voynet, aujourd’hui inspectrice générale des affaires sociales, fait le point sur la démographie des ophtalmologues. Plutôt bien accueilli, le document contient plusieurs recommandations pour améliorer une situation difficile.

La démographie des ophtalmologues pose problème. En de nombreux points de notre territoire, il s’avère difficile, voire impossible, sauf situation d’urgence, d’obtenir rapidement un rendez-vous. Il est impératif d’agir rapidement. Quelque 75 % des 5 000 ophtalmologues en activité à ce jour sont âgés de plus de 50 ans et, eu égard à sa pyramide des âges, la spécialité pourrait voir fondre ses effectifs de moitié d’ici à 2020.

Limiter le choc démographique

Une recommandation du document rédigé par Dominique Voynet vise à favoriser la poursuite d’activité des praticiens au-delà de 65 ans, afin de limiter ce choc démographique. Le rapport avance l’encouragement au cumul emploi-retraite, assorti d’incitations fiscales ou d’une baisse des cotisations retraite induites par cet exercice complémentaire pour les praticiens concernés opérant en zones sous-denses et en secteur 1.

D’autres pistes sont évoquées comme l’expérimentation de pôles ophtalmologiques multi-sites, mesure qui semble pourtant difficile à mettre en place : comment, sur de tels sites secondaires, organiser le roulement entre des médecins déjà affectés à de lourdes tâches sur leur lieu d’exercice principal ?

Déléguer des tâches aux orthoptistes et aux opticiens

Les nécessaires mesures d’ajustement de la démographie et de répartition de l’offre de soins ophtalmologiques sur les territoires seront de toute façon insuffisantes à moyen terme. Car nous partons de trop loin. D’où l’idée de les compléter par l’organisation de la délégation. L’objectif n’est pas de dessaisir mais de soulager les ophtalmologues d’une partie de leurs tâches non directement liées à une démarche de soins, libérant ainsi pour eux du temps médical. L’argument est donc solide.

Il s’agirait de déléguer aux orthoptistes la réalisation des bilans visuels ainsi que la prescription de matériel de rééducation orthoptique, et aux opticiens le droit de renouveler les ordonnances de lentilles ; avec comme perspective commune la création d’un master de santé visuelle.

Pour en savoir plus :

Inspection générale des affaires sociales. Restructuration de la filière visuelle. Rapport établi par le Dr Dominique Voynet – Juillet 2015 – 2015-008R.

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