06.11.2015

Bilans visuels : des délégations aux orthoptistes encouragées

Bilans visuels : des délégations aux orthoptistes encouragées

© Crédits : B. BOISSONNET / BSIP

Un dispositif de délégation de tâches entre ophtalmologues et orthoptistes, autorisé à titre expérimental en 2013 dans les Pays de la Loire, est désormais élargi à la France. Les Agences régionales de santé (ARS) sont encouragées à le diffuser.

Les bilans visuels réalisés par un orthoptiste dans le cadre du renouvellement ou de l’adaptation des corrections optiques chez les 6-15 ans et les 16-49 ans (hors cas particuliers) sont aujourd’hui encouragés, à titre expérimental. Ces bilans sont établis par l’orthoptiste afin d’alléger la tâche de l’ophtalmologue qui le valide en différé – sous 8 jours, ou 48 h en cas d’anomalie. Ce protocole de coopération est financé jusqu’à fin 2016. Un premier bilan sera transmis à la Haute Autorité de santé et à la direction de la Sécurité sociale d’ici le 1er septembre 2016.

 

La délégation des bilans visuels entre libéraux à l’étude

À ce stade, le protocole de coopération ne concerne que des ophtalmologues et des orthoptistes travaillant dans un lieu unique (un ophtalmologue doit être présent). Le bilan est rémunéré à hauteur de 23 euros, sans dépassement, via la carte CPS de l’ophtalmologue. Le montant de la totalité de l’acte lui est en effet versé, ce qui n’est adapté qu’aux ophtalmologues libéraux exerçant avec des orthoptistes salariés. Une réflexion est en cours pour étendre la délégation de tâche entre libéraux.

 

Faire face à la pénurie d'ophtalmologues

Une meilleure coopération ophtalmologue-orthoptiste a les faveurs du Syndicat national des ophtalmologues de France depuis de nombreuses années, rappelait le Dr Thierry Bour, son président, dans un communiqué en date du 11 septembre. Les ophtalmologues ont donc salué les préconisations du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales rendu mi-septembre par Dominique Voynet qui recommande, entre autre, de conforter le travail de l’orthoptiste, en impulsant notamment la mise en place de ce type de protocole de coopération. Les ophtalmologues devraient voir également leur coopération renforcée avec les opticiens, notamment dans le cadre du renouvellement des lentilles. L’enjeu est important : le Snof estime à 8 millions d’actes le déficit d’offre de soins visuels dans 5 ans si rien ne bouge.

 

Pour en savoir plus :
Instruction DSS/1B n° 2015-209 du 13 mai 2015 relative aux modalités de mise en œuvre des coopérations entre professionnels de santé concernant le bilan visuel – Bulletin officiel santé-protection sociale-solidarité du 15 août 2015.
Rapport de l’Igas.

 

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